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LE RENOUVELLEMENT DES HOMMES ENTRAINE SOUVENT CELUI DES IDEES ET C’EST CE DONT LA POLITIQUE FRANÇAISE A PRINCIPALEMENT BESOIN AUJOURD’HUI

Dominique Paillé est aujourd’hui avocat d’affaire spécialisé en conseil auprès de grandes entreprises. (Photo D.R) Dominique Paillé est aujourd’hui avocat d’affaire spécialisé en conseil auprès de grandes entreprises. (Photo D.R)

Ancien conseiller auprès du Président de la République, Nicolas Sarkozy, à la suite de sa victoire à l'élection présidentielle de 2007, Dominique Paillé a raccroché les gants politiques depuis 2012 après le retrait de Jean Luis Borloo de la course à la présidentielle. Avocat depuis plusieurs années, il n’en demeure pas moins en prise avec la politique, une passion. Il intègre d’ailleurs en parallèle la direction nationale de l'UDI et devient le conseiller diplomatique du président en février 2015. À la veille du premier tour de la présidentielle qui n’a jamais été aussi incertain, Dominique Paillé à bien voulu se confier en exclusivité à lpld.fr

 

Interview : « Le renouvellement des hommes entraine souvent celui des idées et c’est ce dont la politique française a principalement besoin aujourd’hui. »

Propos recueillis par Cédrik Viala

 

LPLD.fr : Vous avez très longtemps occupé les premiers rôles en politique française et depuis quelques années vous avez pris des distances pourquoi ?

Dominique Paillé : Ma conception de la vie m’a conduit à varier mes activités professionnelles au cours de mon existence. La politique est une passion de toujours, mais après 25 ans de mandats et fonctions politiques, j’ai souhaité regagner un univers professionnel. Après une longue période, il est sain pour la démocratie de laisser « la place aux autres » qui ont une vision plus neuve, moins déformée de la société.

LPLD.fr : Cette distance de la vie politique signifie-t-elle que vous avez totalement « raccroché » ?

D.P : Totalement ? Non. J’ai participé avec Jean-Louis Borloo et d’autres personnalités politiques à la fondation de l’UDI. Je conseille par ailleurs, le Président du Parti Radical, Laurent Henart et Jean-Christophe Lagarde, Président de l’UDI sur les questions internationales. Mais je me cantonne dans ce rôle moins actif avec plaisir.

LPLD.fr : Avez-vous participé à la primaire de la Droite et du Centre ?

D.P : J’ai soutenu et voté Alain Juppé. C’était le candidat le plus proche du Centre, le plus europhile et celui qui apparaissait le plus rassembleur. Les électeurs ont massivement fait un autre choix. Nous saurons ce week-end si c’était le bon.

 

"Nicolas Sarkozy, n’a fait qu’accentuer son côté clivant depuis son retour, or un Président de la République doit être avant tout un rassembleur"

 

LPLD.fr : L’élimination de Nicolas Sarkozy a pour beaucoup été une surprise, ce fut le cas pour vous ?

D.P : Pas vraiment, car dès 2013, avant même qu’il ne tente un « comeback », j’avais publié aux éditions de l’Archipel, un ouvrage intitulé « Sarkozy retour perdant ». Il est dans ce pays impossible de revenir à la présidence de la République quand on a été battu. Les Français même cinq ans après ne se déjugent pas. Et dans le cas de Nicolas Sarkozy, il n’a fait qu’accentuer son côté clivant depuis son retour, or un Président de la République doit être avant tout un rassembleur.

LPLD.fr : Le Centre est présenté régulièrement comme le « faiseur de roi », en sera-t-il ainsi au second tour le 7 mai prochain selon votre expérience ?

D.P : À l’évidence oui, car le Centre est aujourd’hui partagé entre le Modem de François Bayrou qui soutient Emmanuel Macron et l’UDI qui a un accord électoral avec Les Républicains et son candidat François Fillon. Or le vainqueur de 2017 sera l’un ou l’autre de ces deux prétendants.

LPLD.fr : Justement en 2017 l’élection présidentielle va-t-elle marquer la fin du clivage droite/gauche que certains jugent dépassé ?

D.P : Je ne suis pas devin, même si à l’évidence ce clivage ne correspond plus à ce que nous voyons sur la radiographie du paysage politique français depuis, un moment déjà ! Aujourd’hui, et c’est vrai depuis plusieurs années, il existe une gauche radicale qui représente 25 % de l’électorat, un camp progressiste européen également à 25%, une droite conservatrice néolibérale et une extrême droite qui se partagent 50 % restant. La notion de droite et de gauche s’estompe régulièrement au profit de ce nouveau découpage, même si le mode de scrutin majoritaire que nous connaissons pour la plupart de nos élections en freine l’avènement définitif.

 

"Les clivages que j’ai indiqué plus avant, reprendront leurs places aux législatives, sauf contrat de gouvernement à l’allemande…"

 

LPLD.fr : Que promettent les législatives qui suivront les présidentielles ?

D.P : Une grande incertitude, quel que soit le vainqueur du 7 mai. Car le deuxième tour réunira une forme d’union nationale contre l’extrême droite, si comme c’est probable sa présidente sera au deuxième tour et dès lors le président élu ne pourra se targuer d’avoir suscité sur son nom et son programme l’adhésion d’une majorité de nos concitoyens. Les clivages que j’ai indiqué plus avant, reprendront leurs places aux législatives sauf contrat de gouvernement à l’allemande qui de toute manière ne pourra intervenir qu’après ces élections.

LPLD.fr : La moralisation de la vie politique et publique à laquelle nous assistons est-elle une bonne chose?

D.P : Lorsque l’on sollicite un mandat de nos concitoyens, il me parait sain pour la démocratie d’être exemplaire. Cependant il ne faut pas sombrer dans la dictature de la transparence… Il y a un équilibre à trouver. Nous n’y sommes pas encore parvenus en France.

 

"Toute l’énergie que doivent fournir les politiques ne peut avoir qu’un seul but : accompagner dans l’intérêt général"

 

LPLD.fr : Êtes-vous nostalgique de l’époque ou la droite était clairement répartie entre l’UDF et le RPR ?

D.P : La nostalgie ne fait pas partie de mes sentiments. Oui bien sûr, c’était plus simple lorsque le monde était partagé selon les accords de Yalta, oui le jeu politique était plus clair lorsque la droite se composait de deux forces équivalentes, mais c’est un passé révolu. Il ne faut pas regarder dans le rétroviseur, l’histoire ne se repasse jamais deux fois les mêmes plats. Le monde a changé, il change d’ailleurs très vite. L’anticipation est de plus en plus compliquée et toute l’énergie que doivent fournir les politiques ne peut avoir qu’un seul but : accompagner dans l’intérêt général, ces évolutions parfois immaitrisables.

LPLD.fr : Avec votre recul aujourd’hui que regrettez-vous dans votre vie politique ?

D.P : Ni nostalgie, ni regrets. Ma vie politique a été dense et elle m’a comblé. Mais aujourd’hui, hormis un rôle modeste de conseil, j’ai tourné la page et je ne peux qu’encourager ceux qui s’incrustent dans leur mandat au risque d’être déphasés, à faire de même. Le renouvellement des hommes entraine souvent celui des idées et c’est ce dont la politique française a principalement besoin aujourd’hui.

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